Nous avons probablement atteint les limites de l’hypocrisie dans les domaines de l’éducation et de la formation. Jamais le système institutionnel en place n’a produit autant d’inégalités alors qu’il avait pour mission de les réduire. La massification n’a pas permis d’aller au terme d’un processus qui devait faire de la démocratisation de l’éducation l’alpha et l’oméga de notre République.

 

Des dispositifs multiples et variés ont vu le jour, mais ils n’ont que rarement ou marginalement répondu aux objectifs assignés car ils ont pour la plupart méconnu la réalité des publics jeunes ou moins jeunes les plus éloignés de l’école de par leur culture ou leur parcours personnel.

 

En période de croissance budgétaire, les inégalités n’ont cessé de croître. Aujourd’hui, la réduction des moyens ne permet pas d’espérer de sursaut. Bien au contraire, la pérennisation des dispositifs les moins éloignés de solutions potentielles est en cause.

 

L’urgence est le terme le plus approprié si nous ne voulons pas demain être les comptables d’une société qui n’aura plus comme fondement « le vivre ensemble » comme frontière.

 

Cette urgence ne passe pas par un énième plan bricolé, faisant par exemple des écoles de la deuxième chance un dispositif de « sauvetage » d’un système dont on peut dire sans excès qu’il est à bout de souffle, si on considère qu’il doive répondre aux exigences des valeurs de la République, Liberté, Egalité Fraternité. L’école de la première chance aurait-elle donc si peu réussi à intégrer tous les jeunes qui pourraient frapper à la porte ?

 

La démarche de Farida Belghoul est probablement celle qui constitue aujourd’hui une des seules réponses concrètes et judicieuses à cette urgence éducative. L’initiative baptisée REID constitue un dispositif hors de tout débat théorique, idéologique et non redevable à ce jour au système institutionnel que nous avons collectivement bâti pour tous, mais qui ne fonctionne que pour les meilleurs.

 

Des solutions concrètes comme l’accompagnement individuel, l’implication de la famille puisque fait au domicile, l’insertion sociale et professionnelle dans le cadre d’activités et de mise en relation avec les secteurs professionnels, sont au cœur de cette démarche.

 

Pour toutes ces raisons, nous soutenons pleinement le REID et invitons l’ensemble des personnes pour qui l’éducation a un sens à rejoindre le comité de soutien Aquitaine. Ensemble, nous devons convaincre et trouver les moyens de faire de ce dispositif le fer de lance d’une vraie réduction de la fracture éducative et sociale.

 

 

Pour le comité de soutien Aquitaine

Bertrand Gaufryau

bgaufryau@club-internet.fr